Afin de favoriser la réalisation des programmes concernant les femmes et le pouvoir de décision, préconisant la participation des femmes à la vie politique, il y a nécessité de lutter contre tous les obstacles.
Ce que soulignait déjà en 2023, l’Indice des normes sociales de genre (GSNI) du PNUD. L’institution relevait les nombreux obstacles auxquels les femmes et les filles sont confrontées pour réaliser leurs potentiels, allant de la politique aux conseils d’administration des entreprises.
Ces obstacles sont liés pour la plupart, des normes sociales profondément ancrées. De manière préoccupante, près de la moitié de la population mondiale estime que les hommes font de meilleurs dirigeants politiques que les femmes. Des stéréotypes comme ceux-ci créent des barrières à la participation équitable des femmes dans les sphères de décision. Pour ce faire, il convient d’adopter un certain nombre de mesures permettant de lutter contre ces obstacles. Il s’agit, pour la première, d’intégrer le fait que les femmes représentent la moitié de la population de chaque pays et devraient légitimement participer de manière égale aux systèmes de prise de décision. La deuxième mesure est de se rendre compte que des niveaux plus élevés de participation politique des femmes sont associés à un risque plus faible de guerre civile et à une probabilité réduite de violences politiques perpétrées par l’État (moins de meurtres, de disparitions forcées, de tortures et d'emprisonnements politiques). La troisième mesure est de croire que lorsque des femmes sont élues ou nommées à des postes politiques, elles sont plus susceptibles d’être tenues responsables par leurs électeurs, ce qui entraîne une gouvernance réactive et transparente. La quatrième mesure est de se convaincre que les expériences vécues donnent aux femmes une perspective unique sur les questions liées au genre, telles que la violence domestique, les droits en matière de procréation et l’égalité des salaires. La cinquième et dernière mesure consiste à accepter que les femmes qui occupent des postes de direction contribuent à briser les stéréotypes et à changer les normes sociales et les perceptions des femmes leaders.
Quoique des résultats positifs aient été atteints depuis ces dernières années, beaucoup reste encore à faire pour parvenir à l’égalité des genres en politique à l’échelle mondiale. L’ONU Femmes note que, selon la trajectoire actuelle, il faudra 130 ans pour atteindre l’égalité des genres aux postes de pouvoir les plus élevés bien qu’il faut saluer l’arrivée récente au pouvoir de madame Claudia Sheinbaum, qui est devenue la première femme présidente du Mexique élue avec 58% des voix dans un pays de 127 millions d’habitants. Comme l’avait fait avant elle, des années passées, une certaine Ellen Johnson Sirleaf qui a été présidente du Libéria du 16 janvier 2006 au 22 janvier 2018.
En janvier 2023, 34 femmes dans 31 pays occupaient le poste de chef d’État et/ou de gouvernement, 22,8 % des ministres étaient des femmes, 13 pays avaient atteint le quota de 50 % ou plus de femmes dans leur gouvernement et dans les parlements nationaux, seulement 26,5 % des membres des chambres uniques ou basses étaient des femmes.
En Côte d’Ivoire, le gouvernement du Premier ministre Robert Beugré Mambé compte 6 femmes ministres pour un nombre total de 33 ministres. La marche est certes longue mais le combat pour la participation égale et la parité des genres à l’échelle mondiale se poursuit. Les changements de paradigmes vont s’opérer et le combat aboutira.
Une contribution de Tokoré Gervais Olivier
Expert en Genre et Election